L'Alliance Virunga

Les ressources naturelles du parc des Virunga ont une immense valeur économique. Mal gérées, elles peuvent entraîner des cycles de violence extrêmes. Cultiver la paix et la stabilité dans la région est primordial pour que le parc profite de la récolte de ses propres fruits et ce faisant, participe à la création de nouveaux emplois et opportunités pour la population avoisinante. 

La sécurité reste relative

Le parc est situé dans une région pouvant être décrite comme une zone de conflit de faible intensité. Des gardes s’y déploient sur tout son territoir à l’exception de ses extrémités nord, actuellement aux mains des milices ADF-NALU et dans la région de Masisi à l’extrême sud, un territoir à moindre valeur écologique. On estime le nombre de membres de groupes armés aux abords du parc à 3000 individus dont 1500 au sein même de ses frontières. Ces groupes se livrent à nombre d’activités criminelles notamment le trafic de charbon de bois, la pêche illégale, l’agriculture illégale, le braconnage pour l’ivoire et la viande d’animaux sauvages, les enlèvements et l’extorsion (péages et taxes).

Les populations civiles sont en première ligne face à ces groupes armés et sont souvent victimes d’attaques et de kidnappings. Dans un récent rapport, le « Kivu Security Tracker » estime que 3000 incidents auraient coûté la vie à 6000 personnes entre 2017 et 2019  au sud et au nord Kivu. Des centaines de cas d’enlèvement sont également enregistrés chaque année. « Human Right Watch » a publié une enquête approfondie relatant la période 2017-2020 dans la région de Rutshuru en particulier. 

Ces groupes armés sont responsables d’un nombre important de morts violentes au sein de la population civile et des gardes du parc. Au cours des 25 dernières années plus de 200 rangers ont perdu la vie dans l’exercice de leurs fonction.

 

Pauvreté rampante

La région connaît une des densité de population les plus élevée d’Afrique, environ 300 habitants au km2. On estime que cinq millions de personnes vivent à moins d’une journée de marche des bordures du parc, c’est l’une des plus fortes densité de population rurale du continent.

Les conditions socio-économiques des populations riveraines sont extrêmement précaires. En dehors des villes, les habitants vivent essentiellement de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche. Les terres de la région sont fertiles cependant les rendement restent faibles en raison du régime foncier, du manque d’accès au crédit, de l’insécurité et de mauvaises pratiques agricoles. Il n’existe quasiment pas d’industrie de transformation agricole et il y a peu d’emplois en dehors des petites exploitations. Le très mauvais état des routes ajoute encore plus aux difficultés. 

Au Nord-Kivu, plus de 90% de la population évolue sous le seuil d’extrême pauvreté défini par la banque mondiale à 1.9 USD (environ 1.68 Euros) par jour et par personne. La misère est telle que nombre des habitants les plus pauvres sont entièrement exclus de l’économie monétaire et le travail quotidien est souvent rémunéré en produits alimentaires ou agricoles.

Traffic des ressources naturelles

Les revenus générés par le trafic des ressources naturelles du parc sont estimés à 175 millions de dollars par an (environ 154 millions d’Euros). Plus de 100 000 personnes tirent une subsistance directe de ces activités illégales. On estime à 50 millions de dollars (environ 44 millions d’Euros) la part contribuant à l’enrichissement de milices et de groupes armés. L’argent tiré des enlèvements, des vols et des meurtres ajoute encore à leurs pouvoir.  Les paiements perçus aux différents péages implantés de manière aléatoire représentent également des revenus indirects en provenance du parc. 

Les trafics internationaux portent essentiellement sur l’ivoire et le bois précieux. Ceux-ci représente une menace sérieuse, notamment pour les éléphants, mais leur impact demeure relativement faible en comparaison aux trafics à l’échelle locale. 

Le défrichement de la forêt dans le but de produire du charbon de bois est une menace majeure. La consommation de ce charbon, connu localement sous le nom de “makala” est très importante dans les communautés de Goma, Beni et Butembo. Dans une moindre mesure, le bois est également utilisé pour la menuiserie et la construction. 

La dégradation des habitats naturels, en particulier la déforestation et les cultures illicites, est un autre problème majeur, affectant un cinquième de la superficie du Parc des Virunga. Des groupes armés y pratiquent un racket en échange de leur “protection”, extorquant les agriculteurs installés à l’intérieur  du parc.

Les rives du lac Edouard attirent également les bandes armées. Celles-ci extorquent de l’argent aux pêcheurs locaux ou y pêchent eux mêmes, utilisant des techniques causant de graves dommages à l’environnement. Parallèlement, ils abattent les hippopotames et d’autres grands mammifères dans le but de consommer et de vendre leur viande. 

La menace d’exploitation pétrolière, très présente en 2015, bien que temporairement atténuée, reste bien réelle. Le succès du parc dans la lutte contre l’exploitation illégale d’hydrocarbure repose sur les efforts de l’ICCN (Institut Congolais pour la Conservation de la Nature) et de ses partenaires pour faire respecter l’état de droit. Le prix très bas du baril brut contribue également à conjurer la menace.

Le trafic des ressources naturelles du parc est intrinsèquement lié aux défis de la pauvreté et de l’état de droit dans la région

Les menaces sont multiples. Elles prennent racine pour la plupart dans les faibles moyens de subsistance des populations voisines du parc. Dans ce contexte, les groupes armés agissent en prédateurs, alimentant un cycle économique illégal et violent. 

 

Après la crise d’Ebola et de la Covid 19

Avec sa deuxième plus grande vague de contamination de l’histoire, les effets d’Ebola ont été particulièrement néfastes pour les communautés déjà très vulnérables de l’est de la RDC. Non seulement le tourisme et l’accès aux marchés ont été gravement perturbés, mais l’instabilité politique a également été exacerbée. Il est pour le moment impossible de prédire les effets à long terme de la crise du Covid 19. Ces menaces ont contraint le parc à suspendre temporairement son activité touristique, le privant ainsi d’une importante source de revenus. Des mesures supplémentaires ont également été prises afin de protéger le personnel, les communautés locales, les gorilles et autres primates qui seraient extrêmement sensibles au virus.

L'économie des Virunga en un coup d'œil
  • Indice de Pauvreté

    72%

    Des congolais vivent en dessous du seuil de pauvreté extrême de 1.90 USD (1.68 Euros) par jour et par personne

  • Population

    6.7M

    Vivent actuellement du Nord-Kivu dont cinq million vivant à moins d’une journée de marche du parc

  • Taux de Croissance de la Population

    3.2%

    Taux de croissance de la population annuel de la République Democratique du Congo en 2018

  • Taux de Croissance Économique

    4.4%

    Taux de croissance économique annuel en République Democratique du Congo en 2019

  • Nombre de Groupes Armés

    1500/3000

    Nombre de membres de groupes armés dans et autour du parc (mi-2020):

  • Incidents

    51 / 700

    Nombre d’incidents visant des civils dans et autour du parc (2019)

L'Alliance Virunga

Née de la volonté Congolaise de protéger le Parc National des Virunga et les cinq millions de personnes vivant à une distance d’une journée de marche des frontières du parc, l’Alliance Virunga vise à favoriser la paix et la prospérité par le développement économique responsable des ressources naturelles.

Qu’est-ce que l’Alliance Virunga?

En 2013, le parc lança l’Alliance Virunga réunissant les autorités publiques, la société civile et le secteur privé du Nord-Kivu autour d’une vision commune du développement durable. Elle poursuit trois objectifs: la conservation des ressources naturelles, la réduction de la pauvreté et la promotion de la paix. Les objectifs sont indépendant et d’égale importance car le succès de l’un est déterminant pour le succès des autres.

Les gardes du parc sont des agents chargés de l’application de la loi et des représentants de l’Etat. A ce titre ils sont chargés de faire respecter la loi sur le territoir du parc et, avec un mandat plus limité, dans sa périphérie. Leurs activités consistent notamment à patrouiller, saisir les cargaisons illégales,  arrêter les suspects et les déférer devant les tribunaux dans le cadre des procédures judiciaires. Au delà de la protection de la faune et de la flore, les gardes contribuent de façon non négligeable à la stabilité de toute la région. 

Outre ses missions souveraines, le parc est également un acteur économique majeur de la province. Son programme de développement est axé sur trois piliers: le tourisme, l’énergie et l’agriculture.

Configuration Institutionnelle

Le Parc National des Virunga relève de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) qui est une institution de la République Démocratique du Congo. La fondation Virunga est une organisation à vocation philanthropique de droit britannique ayant pour mission de contribuer à la protection et au développement du parc. 

En 2015, l’ICCN et la fondation Virunga ont conclu un accord de coopération – un partenariat public-privé – en court jusqu’en 2040. Bien que ces organismes soient séparés, sur le terrain, les agents de l’ICCN et les employés de Virunga Foundation travaillent sous l’autorité d’une direction unique.

Plusieurs entités juridiques de nature commerciale appuient la mise en oeuvre des activités de Virunga. Elles ont pour objectif de contribuer au bien-être des communautés riveraines et d’assurer l’autonomie financière du parc à travers la création de nouvelles sources de revenus. Toutes ces entreprises ont un but social.

Objectifs

    01
    Conservation

    Resplendissant à la fin des années 80, les deux guerres du Congo (de 1996 à 1997 et de 1998 à 2003) parvinrent presque a causé la perte du parc des Virunga. Cependant, les rangers de l’ICCN n’ont jamais renoncé à leur mission de protection du parc, cela même au cours de ces années de guerre, et parfois sans être payé durant de longues périodes. 

    C’est grâce à leur incroyable dévouement  que la faune et la flore des Virunga sont aujourd’hui en voie de rétablissement.

  • 01
    Conservation

    Retirer le parc national des Virunga de la Liste du Patrimoine Mondial en Péril pour son centième anniversaire (1925-2025).

  • 02
    Réduction de la pauvreté

    L’Alliance Virunga poursuit un programme de transformation économique. Celui-ci vise à créer des conditions favorables permettant la création d’emplois et l’augmentation des revenus. L’approvisionnement en énergie, l’accès au crédit pour les entrepreneurs, la construction de routes, le support technique au secteur agricole et le renforcement de la bonne gouvernance sont les principaux instruments utilisés pour réaliser ce programme.

    À terme, l’Alliance Virunga entend générer 1 milliard de dollars d’activité économique et créer 100 000 emplois. Ces chiffres donneraient au parc une valeur tangible vis-à-vis des populations locales qui, à ce jour, ne tirent qu’un bénéfice économique limité des efforts déployés pour sa conservation.

  • 02
    Réduction de la pauvreté

    Générer 1 milliard de dollars d’activité économique durable et partagée.

  • 03
    Contribution à la paix

    Les raisons pour lesquelles des individus rejoignent un groupe armé sont multiples et complexes. Parmi celles-ci, figurent notamment la protection de la famille et du village contre les menaces, l’accès à la nourriture et à l’alcool, le désir de meilleurs revenus, la poursuite d’agendas politiques et le recrutement forcé. L’Alliance Virunga entend priver les groupes armés de leur réservoir de main-d’oeuvre.

    Elle met en place les conditions pour permettre aux jeunes hommes embrigadés dans les milices de poser un choix: continuer à se comporter en prédateurs ou déposer les armes pour vivre mieux avec un emploi légal. L’Alliance Virunga ne cible pas délibérément les membres des groupes armés en tant que tels – pour éviter d’y encourager la participation – mais crée un environnement profitant à l’ensemble de la communauté dans lequel les membres des groupes armés pourraient envisager de se réinstaller.

  • 03
    Contribution à la paix

    Restaurer l’état de droit et créer 100,000 emplois pour offrir une alternative aux membres des groupes armés

Construire une solution

L’Alliance Virunga a été fondée sur le principe que la survie du parc dépendait de sa capacité à représenter un atout pour ses communautés environnantes. Grâce au développement responsable et durable des principales ressources du parc (tourisme, énergies renouvelables et agriculture durable)  l’Alliance Virunga s’emploie à lancer une économie écologique dans l’est du Congo, au profit des communautés voisines.

    04
    Eco-Tourisme

    Entre les années 1960 et 1980, le Parc National des Virunga était une destination de classe mondiale du tourisme francophone, à l’équivalent du Serengeti, mais les conflits qui suivirent provoquèrent un déclin important de cette activité. En plus de projeter une image positive du Nord Kivu au reste du monde, le tourisme écologique est l’un des secteurs les plus lucratifs pour l’économie locale, étant donné qu’il implique une forte intensité de main-d’œuvre et que des sommes importantes de capital sont dépensées sur des achats dont bénéficient directement les habitants les plus démunis.

    Grâce à d’ immenses efforts, le tourisme a été relancé en 2014. Depuis, le parc a reçu plus de 15000 visiteurs.

  • 04
    Eco-Tourisme

    Le tourisme dans le Parc National des Virunga recèle un énorme potentiel pour l’est du Congo et constitue une industrie en pleine croissance pour toute la région. La création d’emplois hautement qualifiés et rentables, ce qui est également durable, pourrait générer des revenus importants pour le pays.

  • 05
    Énergie propre

    Le potentiel hydro-électrique du parc est estimé à 105 MW. Quatre centrales sont en fonctionnement. Deux petites centrales (0,35 MW et 1,4 MW) sont en opération à Mutwanga, au Nord du Lac Edouard. Elles alimentent un réseau de distribution d’environ 40.000 usagers directs et indirects. La centrale de Rutshuru I (13 MW), située à Matebe, couvre le Territoire de Rutshuru avec une extension de la ligne jusqu’à Goma. Son réseau de distribution alimente 300.000 usagers directs et indirects (fin 2019). La centrale de Luviro (14,6 MW) sera mise en service au début de l’année 2020. Du même ordre de grandeur que Rutshuru I, elle alimentera le Territoire de Lubero et peut-être la ville de Butembo. Son réseau bénéficiera à 250.000 usagers directs et indirects.

     L’Alliance Virunga cherche à stimuler le développement économique. Ses activités sont tournées vers les petites et moyennes entreprises. Sans accès à l’électricité, leur développement est impossible car les énergies alternatives (le solaire par exemple) ne rencontrent pas leurs besoins nécessaires. Les groupes électrogènes, outre les dommages qu’il cause à l’environnement, ont un coût prohibitif.

    Un dispositif est en place pour leur permettre d’accéder aux ressources financières que les banques refusent habituellement de leur accorder. Le bénéficiaire peut contracter un emprunt qu’il rembourse à chaque achat d’électricité moyennant une majoration du prix du kWh. Il n’est ainsi pas obligé de payer un montant fixe à la fin du mois et peut rembourser son emprunt quand il gagne de l’argent. Fin 2019, 131 entrepreneurs locaux en étaient bénéficiaires. Ils financent des moulins, séchoirs, frigos, couveuses, fours, outils de menuiserie, postes à soudure, presses à huile, blocs ciment, équipements électroniques, etc. Les entreprises investissent aussi dans des travaux d’infrastructure.

    Trois zones industrielles sont à l’étude à proximité des centrales hydroélectriques. Elles offriront aux entreprises un environnement propice à leur développement : une zone sécurisée, l’accès à l’électricité et à l’eau ainsi que des infrastructures d’accueil pour installer leurs activités. Les entreprises bénéficient aussi d’un accès privilégié à des conseils fiscaux et à des formations.

    Les raccordements domestiques sont possibles pour les ménages qui en font la demande. Les achats d’électricité sont effectués sur un compteur à prépaiement qui incite à économiser l’énergie. L’électricité n’est pas un substitut à la consommation de charbon pour faire la cuisine. Solutionner le problème complexe du « makala » ne sera possible qu’à travers une batterie de mesures : changements des habitudes culinaires, production d’ « éco-charbon », accès au gaz, foyers améliorés, etc. 

    Tous les habitants des villages et quartiers bénéficient de l’éclairage public. Son impact est profond : la vie sociale en soirée est prolongée, et, surtout, l’insécurité est réduite. Ce sont surtout les femmes, sujettes aux viols et aux kidnappings, qui expriment leur satisfaction.

  • 05
    Énergie propre

    L’Alliance Virunga travaille à la fois à lutter contre la pauvreté énergétique et à réduire la production de charbon de bois illégal en exploitant les énormes ressources hydrologiques du parc afin de produire de l’électricité durable pour les communautés et les entreprises locales.

  • 06
    Agriculture et pêche durables

    L’Alliance Virunga promeut l’exploitation durable des productions agricoles en travaillant sur les chaînes de valeur : production par les petits paysans et pêcheurs, transformation agro-industrielle qui génère de la valeur ajoutée, et distribution sur les marchés locaux, nationaux et internationaux.

    L’accès à l’électricité permet le déploiement d’un réseau de 30 chambres froides qui appuie les filières maraîchères et du poisson frais. Il rend possible le stockage et l’écoulement des produits frais vers les marchés urbains en dehors des périodes de récoltes. Le dispositif augmente le prix de vente pour les petits producteurs et fournit de meilleurs produits aux consommateurs, souvent en remplacement de produits importés.

    La notoriété du parc aide à promouvoir les produits de la région. Des brevets sont en place pour protéger le logo. Celui-ci est mis à disposition des coopératives qui cherchent à assurer la renommée de leurs produits.

    Plusieurs entreprises de l’Alliance Virunga sont en opération.

    Sicovir, une usine de savon emploiyant une centaine de travailleurs, génère des revenus pour 3500 petits propriétaires de palmiers et écoule chaque jour 10 tonnes de savon sur les marchés locaux. Virunga Enzymes utilise la papaye pour fabriquer la papaïne, une enzyme de haute qualité utilisée par la filière pharmaceutique en Europe. Elle fournit de l’emploi à 15 travailleurs et soutient 3000 planteurs. Une chocolaterie sera lancée au premier trimestre 2020. Elle permettra la fabrication en RDC de barres de chocolat qui seront ensuite exportées vers les marchés européens et américains. Les initiatives de l’Alliance Virunga ont valeur d’exemple. Elles montrent que la transformation agricole est possible à l’échelle provinciale. Ceci est particulièrement vrai dans le secteur des moulins – pour les farines de maïs, blé et manioc – qui connaît une explosion. Cette nouvelle dynamique économique a un impact profond dans les régions rurales où elle prend place.

  • 06
    Agriculture et pêche durables

    Les fournisseurs d’électricité du programme d’énergie propre de l’Alliance Virunga ont permis à un certain nombre d’entreprises de se développer dans l’est du Congo. Un approvisionnement en électricité fiable et abordable stimule déjà le secteur privé, en particulier dans le secteur agroalimentaire.

Renforcer l'infrastructure

L’est du Congo souffre de deux problèmes structurels clés qui entravent son développement économique : des routes inadéquates et un climat très défavorable aux affaires. Dans le cadre des trois piliers de l’Alliance Virunga, il existe un engagement à améliorer l’infrastructure locale et la gouvernance.

Le transport est la clé de l’activité agricole. En l’absence de routes de qualité, les petits agriculteurs ne peuvent pas atteindre les marchés urbains et vendre leur production. Au lieu de cela, les intermédiaires achètent la récolte à un prix très bas et gardent les marges bénéficiaires. De nombreuses marchandises qui pourraient être produites en RDC sont importées et vendues à des prix beaucoup plus élevés.

L’insécurité juridique et la taxation excessive sont un autre obstacle à l’entrepreneuriat des petites et moyennes entreprises. Toute entreprise en croissance, petite ou grande, lutte contre la rapacité ou les tentatives brutales de corruption de diverses administrations publiques. Le harcèlement constant, parfois légal, parfois non, est un obstacle sérieux à la croissance des entreprises.

L’Alliance Virunga s’emploie à résoudre ces problèmes en construisant et en entretenant 1000 km de routes de dessertes agricoles. Elle consolidera également l’état de droit en s’appuyant sur l’autorité judiciaire garantie dans le statut de ses rangers et en fournissant des conseils juridiques et fiscaux aux entrepreneurs locaux. En travaillant sur ces deux facteurs d’habilitation, le Parc permettra de libérer le potentiel économique que l’hydroélectricité apporte à la région.

La Gouvernance de L’Alliance

L’Alliance des Virunga est la coordination de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN), de la Fondation Virunga, du secteur privé, de la société civile et des agences gouvernementales du Nord Kivu. 

L’accord de partenariat public-privé établi en 2011 confère à la Fondation Virunga un mandat officiel et la liberté de gestion nécessaire pour mettre en œuvre rapidement et efficacement le programme de consolidation de la paix. Il maintient également la Fondation Virunga responsable vis-à-vis de l’état.

Toutes les ressources externes et internes sont déployées dans un cadre transparent, conçu en consultation avec les communautés voisines du Parc, et gérées dans le respect des meilleures pratiques de gouvernance d’entreprise. Le programme est mis en œuvre par une équipe expérimentée d’experts congolais et internationaux, ayant tous une longue expérience dans la région où ils ont obtenu des résultats concrets.

Les Progrès

Grâce à l’engagement des Rangers des Virunga, du gouvernement Congolais et des partenaires et sympathisants du monde entier, le Parc a connu une période de transformation remarquable depuis la création de l’Alliance Virunga.

  • 2008
    Le développement rencontre la conservation
  • 2010
    Potentiel hydroélectrique
  • 2011
    Partenariat public-privé
  • 2012
    Développement communautaire
  • 2013
    Centrale hydroélectrique pilote de Mutwanga
  • 2014
    Le tourisme relancé
  • 2015
    Centrale hydroélectrique de Matebe
  • 2016
    Centrale hydroélectrique de Luviro
  • 2017
    Technologie « Smart Grid »
  • 2018
    L'Agriculture Durable est Accélérée
  • 2019
    L'Électricité Arrive à Goma
  • 2008
    Le développement rencontre la conservation
    Avec la nomination d'un nouveau directeur du Parc, la société civile, le secteur privé et les institutions étatiques se réunissent pour travailler à la réalisation des objectifs de développement durable dans l'est du Congo.
  • Crédit photo:Brent Stirton
    2010
    Potentiel hydroélectrique
    Le potentiel hydroélectrique des Virunga est identifié comme un secteur clé pour la croissance économique de la région. Début de la construction de la centrale hydroélectrique pilote de 400 kilowatts près de Mutwanga.
  • Crédit photo:LuAnne Cadd
    2011
    Partenariat public-privé
    La Fondation Virunga a signé un accord de cogestion innovant de vingt-cinq ans avec l'ICCN. L'accord a réuni 127 institutions locales des secteurs privés, civils et gouvernementaux - engagées dans le développement durable des ressources du Parc.
  • Crédit photo:Brent Stirton
    2012
    Développement communautaire
    Le réseau d'adduction d'eau de Rumangabo est construit pour réduire l'exposition aux dangers des conflits armés, des femmes et des enfants obligés de s'éloigner de leurs maisons pour aller chercher de l'eau pendant les combats.
  • Crédit photo:Brent Stirton
    2013
    Centrale hydroélectrique pilote de Mutwanga
    Mutwanga fournit l’électricité à plus de 1000 ménages et entreprises petites et moyennes (au lieu de 600)
  • Crédit photo:LuAnne Cadd
    2014
    Le tourisme relancé
    Le tourisme dans le Parc est relancé en janvier 2014, après la fermeture forcée du Parc suite à la résurgence du conflit armé en 2012.
  • Crédit photo:Brent Stirton
    2015
    Centrale hydroélectrique de Matebe
    Le lancement de la deuxième centrale hydroélectrique, Matebe, fournit de l'électricité propre à 5000 ménages et entreprises petites et moyennes.
  • Crédit photo:Brent Stirton
    2016
    Centrale hydroélectrique de Luviro
    La construction de la centrale de Luviro de 14,5 mégawatts commence. Les premières connexions sont prévues pour 2020.
  • Crédit photo:Brent Stirton
    2017
    Technologie « Smart Grid »
    L’Alliance Virunga déploie une nouvelle initiative pour réduire le chômage aux alentours du Parc en utilisant la technologie « Smart Grid » et le réseau d’électricité du Parc pour offrir des emprunts a environ 10,000 petites entreprises dans le Nord Kivu. Les prêts sont remboursés directement à travers un compteur intelligent d’électricité.
  • 2018
    L'Agriculture Durable est Accélérée
    Accélération du programme d’agriculture qui supporte petits cultivateurs de café, cacao et palmiers, maraîchers et pêcheurs légaux du Lac Edouard.
  • 2019
    L'Électricité Arrive à Goma
    L'électricité propre et durable arrive dans la ville de Goma, qui abrite environ 2 millions d'habitants.
Les progrès
  • Infrastructure

    20

    Hôpitaux, 9 écoles et 2 dispensaires ont été construits

  • Routes

    68

    Des kilomètres du réseau routier ont été remis à neuf avec succès

  • Énergie

    21

    Les villages locaux ont maintenant accès à un réseau public de distribution d’électricité produite avec de l’énergie durable

  • Réseau

    5000

    Logements vont être alimentés par les deux projets hydroélectriques de Virunga en chantier

  • Touristes

    17000

    Touristes ont visité le Parc à ce jour