Fonds Fallen Rangers

Soutenir ceux qui ont été laissés seuls.

A propos du projet

Le projet Fallen Rangers a été lancé pour fournir un filet de sécurité financier pour les veuves et les enfants des rangers des Virunga tués dans l’exercice de leurs fonctions. La plus grande crainte d’un ranger n’est pas de mourir, mais l’impact que leur mort pourrait avoir sur les membres de leur famille. Jusqu’à la création du Fonds Fallen Rangers, les veuves recevaient peu ou pas de soutien financier et leurs familles étaient toujours gravement appauvries et démunies. Evidemment, une telle chose ne doit pas se produire pour une famille qui s’est dévouée pendant des années au Parc National des Virunga.

The Widows

Veuves des Rangers récents

Emmanuel de Merode, directeur du Parc National des Virunga, a commencé le travail d’identification de toutes les veuves des rangers tombés en 2007. Depuis, lui et d’autres membres de l’équipe des Virunga ont réussi à reconstituer les identités de 75% des veuves de Rangers en remontant jusqu’en 1991, date de début des hostilités. Le processus se poursuivra jusqu’à ce que toutes soient identifiées.

Phase 1

La première phase du projet est essentiellement d’ordre financier : donner 30 $ par mois aux familles admissibles dès que possible. Lorsque l’on vit dans une pauvreté extrême, chaque jour qui passe accentue l’exposition d’une famille à la malnutrition, la maladie et la mort prématurée. Dans cette phase, nous demandons à la communauté globale des Virunga de nous aider à soutenir ces familles.

Phase 2

L’objectif de la phase 2 est d’alimenter un fonds de dotation permanent pour les familles des rangers tombés. Les donateurs et les organisations privés, tels que le US Fish and Wildlife Service, ont contribué à mettre en place le fonds initial. a mesure qu’il grandit, le fonds pourra couvrir le coût de subsistance de base d’une famille et fournir une allocation scolaire pour les enfants ainsi qu’une couverture médicale de base pour la famille. Le fonds existe en dehors de la République Démocratique du Congo et il est géré par le Virunga Fund aux Etats-Unis. Cela garantit que les troubles politiques et les conflits ne mettent pas en danger le fonds. Si vous avez des questions spécifiques, envoyez un e-mail à info@virunga.org.

Vos dons font la difference, donnez ce que vous pouvez.

Les nouvelles du Fond Fallen Rangers

Profil des veuves

Valerie

Valeri Katungu

« Toutes les femmes s’inquiètent pour leurs maris quand ils sont sur le terrain. J’avais peur pour sa sécurité, mais quand il faisait ce travail de bureau, je ne pensais pas que c’était dangereux. Je pensais qu’il serait hors de danger. »

  • Valeri Katungu parlant de son mari décédé, un ranger qui a compté 25 ans de service 
Lire son histoire

Le 29 juillet a commencé comme un jour normal pour Valeri Katungu alors qu’elle se concentrait sur sa routine quotidienne en s’occupant de ses cinq plus jeunes enfants. Son mari depuis 17 ans, Michel, travaillait à la prison du Parc National des Virunga où les milices, les braconniers et les producteurs de charbon illégal sont gardés avant leur transport vers Goma.

Vers 14 heures, la nouvelle est tombée. Des milices du FDLR ont ouvert le feu sur le véhicule transportant des prisonniers des Virunga à Goma et son mari a été tué.

Michel comptait 25 années de service au sein du parc et avait travaillé comme garde sur le terrain à divers endroits avant de recevoir son dernier poste au siège du parc à Rumangabo deux ans plus tôt.

Valeri parle doucement quand elle décrit le choc. « Toutes les femmes s’inquiètent pour leurs maris quand ils sont sur le terrain. J’avais peur pour sa sécurité, mais quand il faisait ce travail de bureau, je ne pensais pas que c’était dangereux. Je pensais qu’il serait hors de danger. »

Valeri and Michel

Valeri vivait au siège du parc comme les familles des autres gardes clés. C’est une petite communauté et les femmes sont amies, elles partagent un mode de vie commun avec des maris qui occupent des emplois souvent dangereux.

« Michel aimait son travail», se souvient Valeri, « et il n’était jamais en retard, toujours poli. C’était un homme bon. » Selon Valeri, Michel était responsable avec l’argent, les enfants l’aimaient, et si quelqu’un venait demander de l’aide, il était heureux de donner toute l’aide qu’il pouvait – un homme bon, un bon mari, un bon père.

C’était une bonne vie pour Valeri, mais cela a changé maintenant. Son fils de 20 ans qui étudie à l’université ne peut pas payer les frais de scolarité sans l’aide de son père – près de 500 $ par année – un montant énorme pour la plupart des Congolais. La famille a déménagé dans une maison à Kiwanga, au nord du siège du parc, où elle cultive un champ à 8 km de sa maison. Malheureusement, Valeri est malade depuis un certain temps et le médecin lui a dit d’éviter le travail difficile, mais elle n’a pas le choix. Elle doit également payer les frais de scolarité – 30 $ par enfant par an pour le primaire, et 62 $ par an pour le secondaire.

« Je ne sais pas comment je vais vivre», dit-elle calmement, en plaçant ses petites mains sur son visage et en regardant ailleurs.

Valeri with 5 of her 6 children.

Valeri avec 5 de ses 6 enfants.

Ceci est la vie réelle pour ces femmes qui ont perdu leur source de revenu quand leur mari ranger meurt, c’est pourquoi le parc s’engage à compléter la petite pension du gouvernement avec 30 $ par mois. Ce n’est pas beaucoup, mais ça aide certainement.

Mariam

Mariam Sulemani Sadiki

« C’est comme si quelqu’un m’avait frappée au visage. J’ai posé les photos et je suis sortie de mon bureau où j’ai vu Mariam assise sur la véranda avec un de ses petits enfants, essuyant les larmes de ses yeux « .

La réaction de LuAnne Cadd face aux images de son mari que Mariam avait partagées prises après l’attaque qui l’a tué.

Lire son histoire

Une femme est passée au bureau la semaine dernière pour me voir, en disant qu’elle avait apporté des photos de son mari, Assani Sebuyori, un ranger du Parc National des Virunga. En juin, des assaillants inconnus ont attaqué un véhicule du parc venant de Lulimbi au sud et son mari a été tué. Bien que je n’avais pas demandé ces photos, je savais que j’en aurais besoin un jour, j’ai donc emmené la feuille de papier pliée contenant les photos au scanner dans mon bureau.

J’ai ouvert le document, et j’ai imprimé en grand format une photo de son mari immédiatement après sa mort. Sa tête avait été arrachée et je regardais une photo d’un corps sans tête.

C’était comme si quelqu’un m’a frappée au visage. J’ai posé les photos et je suis sortie de mon bureau où j’ai vu Mariam assise sur la véranda avec un de ses petits enfants, essuyant les larmes de ses yeux.

Depuis que je me suis installée aux Virunga en janvier, onze gardes sont morts dans des attaques en faisant leur travail, onze femmes sont devenues veuves… en seulement huit mois. Depuis 1996, nous avons perdu 131 rangers dans des attaques, un chiffre basé sur des registres reconstitués à travers de nombreux conflits. Cela pourrait même être plus de 150. Je ne les connaissais pas personnellement, et bien que cela me blesse profondément quand nous perdons un ranger, cette réalité ne m’avait pas frappé jusqu’à ce moment là : la brutalité, la manière dont il a été tué et la femme laissée derrière, dans ce cas avec cette photo cauchemardesque pour rappel, intégrée à jamais dans son cerveau, avec ou sans une photo. Je sais que c’est dans le mien.

Mariam at the funeral of her husband, ranger Assani.

Mariam aux funérailles de son mari, ranger Assani.

Permettez-moi de vous parler de cette famille. Mariam a une vie dure depuis quelques mois.

Elle a 37 ans et elle doit s’occuper de sept enfants sans salaire régulier – le plus jeune a deux ans, le plus âgé 15. Certains de ses proches ont pris l’argent que le Parc National des Virunga donne aux veuves aux funérailles. Et en plus, il y a quelques semaines, une rumeur au sujet d’un homme qui a peut-être été impliqué dans l’attaque a circulé dans la ville d’Ishasha où Mariam habite. Il a engagé des poursuites, l’accusant d’avoir lancé les rumeurs et prétendant qu’elles étaient fausses. Les Virunga ont envoyé un avocat pour aider Mariam.

Assani Sebuyori Mapine

Assani Sebuyori Mapine

Ephrem, un membre de notre personnel, m’en a dit un peu plus sur le ranger Assani. « Il était moralement droit et digne de confiance. C’était un bon travailleur qui a obtenu des résultats dans la lutte contre le braconnage. Il était fier de son travail comme ranger. S’il y avait quelque chose à faire, il le faisait, et il le faisait bien. Pour cette raison, même s’il n’avait pas une position élevée, on lui a donné des responsabilités. » C’était un homme bon.

Ces veuves et leurs enfants ont besoin de votre aide. Nous avons besoin d’aide pour compléter leur minuscule pension gouvernementale avec un soutien mensuel régulier, mais ce genre de fonds est difficile à maintenir sans les dons mensuels réguliers. Les veuves continuent à vivre encore longtemps une fois que l’argent est épuisé si nous n’avons pas des contributions permanentes. S’il vous plaît envisagez de soutenir une veuve chaque mois. Pour seulement 30 $ par mois, vous donnerez à l’une de ces femmes de l’argent pour acheter de la nourriture ou payer les frais de scolarité de ses enfants. La vie est dure au Congo. Rendons la un peu plus facile pour l’une de ces 131+ veuves de gardes forestiers et leurs familles.

Galéries photos

Funérailles de ranger MichelRegarder tout

Deux rangers ont été tués et 7 autres ont été blessés dans une attaque sérieuse sur la route Rumangabo-Goma quand le camion ICCN rencontrait un mini-bus qui a été pillé par au moins 30 hommes lourdement armés. Les funérailles de Michel ont eu lieu à Rumangabo en présence d’énormément de monde.