Agriculture et conservation : Virunga renforce son dialogue avec les communautés locales

De Kasundi à Kitaragha, le Parc National des Virunga a renforcé son dialogue avec les caféiculteurs de la COOPADE. Dix ans d’expérience démontrent qu’une agriculture productive et rentable est possible sans empiéter sur les aires protégées.

Les 27 et 28 août, le Parc National des Virunga a rencontré les caféiculteurs de la coopérative pour le développement rural (COOPADE/COOP-CA) à Kasundi, près de Burusi, puis à Kitaragha, dans la chefferie des Bashu. Ces rencontres ont eu pour objectif d’améliorer le dialogue avec les agriculteurs locaux et de promouvoir des pratiques agricoles compatibles avec la conservation.

Depuis 2014, la COOPADE a été l’une des premières coopératives à collaborer avec la Fondation Virunga pour développer sa filière café. Elle compte aujourd’hui plus de 4 000 membres, principalement établis dans le Graben entre Beni et Lubero. Avec une production annuelle moyenne de 800 tonnes et une capacité d’exportation d’environ 300 tonnes, elle illustre le potentiel d’un développement agricole structuré et durable dans la région.

Au fil des années, l’appui apporté par la Fondation Virunga aux producteurs a contribué à améliorer les pratiques agricoles, à augmenter les rendements, à mieux valoriser le travail des producteurs et à leur ouvrir l’accès à des marchés plus importants. La collaboration avec la COOPADE constitue l’un des exemples les plus réussis de partenariat durable entre le Parc National des Virunga et les producteurs locaux.

Cette expérience est aussi la preuve concrète qu’il est possible de cultiver de manière productive sans détruire le Parc. En adoptant de bonnes pratiques et en développant des plantations de café biologiques et durables en dehors des aires protégées, les agriculteurs peuvent améliorer leurs rendements et leurs revenus tout en contribuant à la protection de l’environnement.

Les échanges avec les producteurs ont également porté sur les défis de la cohabitation avec la faune sauvage, en particulier les dégâts causés par les éléphants. Le Parc a encouragé les agriculteurs à privilégier des solutions durables pour protéger leurs champs. Dans le Rwenzori, la clôture électrique installée le long de la limite du Parc contribue déjà à réduire les pertes des agriculteurs de cette zone.

Au-delà des pratiques agricoles, ce dialogue a poursuivi un objectif plus large : faire des producteurs de la COOPADE les ambassadeurs d’une nouvelle vision de la relation entre agriculture et conservation. Forts de leur propre expérience, ils peuvent démontrer aux autres agriculteurs de la région qu’il est possible d’accroître la production et les revenus sans étendre les champs à l’intérieur du Parc.

Dans une région où les malentendus entre agriculteurs et gestionnaires d’aires protégées peuvent parfois engendrer des tensions, l’expérience de la COOPADE offre un modèle de collaboration à suivre. Elle rappelle qu’avec le dialogue, l’accompagnement et des pratiques adaptées, le développement agricole et la conservation peuvent non seulement coexister, mais aussi se renforcer mutuellement.